Manet, Renoir et Tissot, miroirs d’une époque raffinée

Pour leur promenade estivale, les « Deux soeurs » de James Tissot ont choisi une robe en mousseline de coton. (Crédit: DailyMeg)

J’ai enfin vu l’exposition «L’Impressionnisme et la Mode» au Musée d’Orsay. J’ai été conquise. D’abord par le lieu: l’architecture de l’ancienne gare construite en 1900 -ouverte au public sous la forme d’un musée en 1986- est impressionnante. Mention spéciale à son horloge dorée, sa grande nef lumineuse et les statues en marbre sensuelles posées ici et là le long de l’allée centrale.

 La scénographie de l’exposition est un grand plus. Dans une salle, un défilé de mode est reconstitué: des chaises en velours rouge sur lesquelles on peut lire les noms célèbres de l’époque (Louis Vuitton) sont placées des deux côtés de la pièce; au centre: des modèles très spéciaux défilent: ceux d’Edouard Manet, Auguste Renoir, James Tissot. Des tableaux où figurent des femmes à fière allure. Dans une autre salle, du papier peint fleuri recouvre les murs, comme si on se trouvait dans la chambre de l’une de ces dames. Dans la dernière pièce de l’exposition consacrée aux «plaisirs du plein air»: des oiseaux en fond sonore, une pelouse sous nos pieds et des bancs à disposition des flâneurs.

 L’exposition apporte une connaissance importante de l’univers de la mode. Notamment un vocabulaire technique des matières et des formes utilisées: les manches évasées «en pagode», les «poufs» et les «polonaises», la crinoline etc. Une mode qui à l’époque avait du succès -pas seulement auprès de la grande bourgeoisie- mais qui aujourd’hui ferait bien ridicule. Je pense aux robes de la première salle où l’accent est mis sur la cambrure de la taille et l’ampleur de la jupe rejetée à l’arrière. Ces robes me font penser aux pestes Anastasie et Javotte du dessin-animé Cendrillon. Seules les tenues légères et sobres en mousseline de coton m’ont parue élégantes.

Certains tableaux m’ont frappée: ceux d’Auguste Renoir et Claude Monet pour leur douceur; ceux de James Tissot et Jean Béraud pour leur réalisme (La Soiréepeinte par ce dernier en 1878, a un tel relief qu’on se croirait parmi les invités de la réception, comme dans un film en 3D). D’autres m’ont fait sourire comme la Réunion de famille de Frédéric Bazille (1867) qui m’a rappelée la campagne de pub Dolce & Gabbana. Les artistes regroupés ici ont été choisis non pas parce qu’ils s’intéressaient à la mode mais parce qu’ils étaient soucieux de rendre compte de la vie contemporaine à une époque de profondes mutations urbaines. Ils s’attachaient à représenter les individus au rythme de leur vie quotidienne. C’est à travers cette immersion qu’on distingue les tendances du XIXe-début XXe. A noter: derrière ces froufrous et ces dentelles, les hommes ne sont pas oubliés. A bon entendeur…

« L’Impressionnisme et la Mode ». Musée d’Orsay, Paris 7e, métro Tuileries. Jusqu’au 20 janvier 2013.

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6 réflexions sur “Manet, Renoir et Tissot, miroirs d’une époque raffinée

  1. « La soirée » ce tableau est juste « waouuu ». La perspective du tableau nous donne une impression de profondeur très réaliste. M’accorderiez vous cette danse ?

  2. Pingback: La mode à l’honneur rue de Rivoli | DailyMeg

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