« Persécution » de Patrice Chéreau sur Arte

Romain Duris en persécuteur persécuté. L’acteur brillant, le personnage insaisissable. (Crédit: Mars Distribution)

Depuis le 11 novembre (jusqu’à ce soir), la chaîne Arte fait son cinéma. Au programme: Tournée de (et avec) Mathieu Amalric, Mammuth de Benoît Delépine et Gustave Kervern, Antichrist de Lars von Trier… Le genre dramatique sert de fil conducteur à ce festival. Cette programmation de longs métrages -récents pour la plupart- est plutôt alléchante. D’origine libanaise du côté de mon père, j’aurais voulu en savoir plus sur mon pays dont l’histoire et la culture m’ont peu été transmises durant mon enfance. Le primé Lebanon de Samuel Maoz, diffusé lundi 12 novembre, me donnait cette opportunité en racontant l’affrontement avec Israël en 1982. J’aurais peut-être regardé le controversé Antichrist; et pourquoi pas confronté le rôle de son actrice principale, Charlotte Gainsbourg, à celui secondaire qu’elle interprète dans Persécution. Une raison à ces deux rendez-vous manqués: des diffusions tardives, en deuxième partie de soirée. Je regrette que la chaîne n’aie pas prévu de rediffusions à des heures convenables.

Pour cette première séance cocooning devant mon écran de télévision donc, je vous fais part de mes impressions face au film de Patrice Chéreau, réalisateur en 1994 de La Reine Margot. L’histoire est la suivante: Daniel, la trentaine, est persécuté par un inconnu qui dit l’aimer et qui s’introduit inlassablement dans son appartement. Daniel fréquente Sonia, qui se sent elle-même persécutée par Daniel dont l’amour pourtant réciproque prend les traits d’une emprise étouffante. L’atmosphère du film est pesante et le scénario sans queue ni tête (ni chute), me donne le sentiment frustrant d’avoir perdu mon temps. Je pense que si j’avais vu le film au cinéma, je serais sortie de la salle avant sa fin. Je ne comprends pas le message que le cinéaste a voulu faire passer à travers ces trois personnages paumés. On y perçoit la persévérance d’un couple qui s’obstine à rester uni malgré les différences qui les opposent, la solitude d’un démuni qui le pousse à la folie… mais rien d’autre. Daniel est obsédé par la réussite. Il dirige un chantier. Il y travaille dur de jour comme de nuit. Plus la fin du film approche, moins le chantier avance. Comme si ce dernier était le miroir de l’état moral de Daniel, au comportement de plus en plus ambivalent, rongé par la peur, sans issue.

Une journaliste que j’ai rencontrée m’a dit un jour: «Je trouve toujours quelque chose de canon chez les gens, même les plus moches», je fonctionne un peu pareil. Y compris pour les films. Ce qui est canon dans celui-là, c’est l’interprétation de Romain Duris: ses tocs nerveux, son regard noir… La douceur de Charlotte Gainsbourg dans la peau de Sonia, qui parvient à calmer les angoisses de Daniel, est elle aussi un plus. La B.O. signée Antony and the Johnsons dont j’ai confondu la voix avec celle de Nina Simone, est bien choisie. Il n’en reste pas moins une soirée télé un peu morne et c’est bien dommage. Promis: la prochaine séance cocooning sera plus joyeuse.

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