Le tandem poétique de Valérie Donzelli

Qui ne se ressemble pas s'assemble. (Crédit: Wild Bunch Distribution).

Qui ne se ressemble pas s’assemble. (Crédit: Wild Bunch Distribution)

Main dans la main, le troisième long métrage de Valérie Donzelli, m’a enchanté. La réalisatrice possède un style bien à elle dont on se réjouit dès les premières minutes. A commencer par cette voix off façon Nouvelle Vague, tantôt masculine, tantôt féminine,  qui présente les personnages principaux ou décrit leurs émotions. S’ensuivent ces filtres rétros et colorés, ces belles images kaléidoscopiques; cette musique elle aussi vintage, toujours bien choisie (La vie parisienne chantée par Micheline Presle et Main dans la main du duo eighties Elli & Jacno font désormais partie des titres les plus écoutés de mon Ipod).

Dans le bouleversant La Guerre est déclarée (parmi les nommés pour le meilleur scénario repartis bredouille aux Césars 2012), Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, sous les traits de Juliette et Roméo, racontaient un épisode douloureux de leur vie: leur combat face à la maladie de leur garçon. Ici, Valérie est toujours l’Inséparable de Jérémie mais à un autre niveau: elle incarne sa sœur complice, un chouia possessive. Un obstacle barre toujours la route du couple au centre de la romance mais sous une autre forme: Jérémie, alias Joachim Fox, miroitier de province, se trouve -au sens propre- lié d’amour à Hélène Marchal, directrice de l’Opéra Garnier. Depuis un baiser échangé subitement, l’un ne peut aller sans l’autre, alors que tout les oppose. L’obstacle c’est ce sort inchangeable, qui d’abord les étouffe avant qu’ils apprennent progressivement à le gérer, à s’en accommoder; à s’aimer. L’obstacle c’est cette différence sociale, cet écart de personnalités. Elle, grande bourgeoise rigide, disciplinée, pétrifiée; lui, skateur-rêveur au cœur tendre, un peu paumé.

Ce qu’il y a de touchant dans les films de Donzelli, ce sont ces moments drôles et délicats comme ce passage où Jean-Pierre se prend le talon de Véro dans le pied ou encore celui où, avec Joachim, Constance de la Porte observe un «trouple» depuis sa fenêtre. Ce sont aussi ces déclarations d’amour en chanson: dans La Guerre est déclarée, c’était celle-ci, dans Main dans la main: une scène sublime où Joachim mime les paroles de la ballade de Sophia Tucker.

En dépit d’un happy end peu crédible (cela dit le scénario ne l’est pas moins), Main dans la main en vaut vraiment le coup. Ne serait-ce que pour la grande classe de l’autre Valérie.

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