« L’Odyssée de Pi » : une expérience sensorielle unique

L'apparition de la baleine fluo: la scène la plus spectaculaire du long métrage d'Ang Lee. (Crédit: Twentieth Fox Century)

L’apparition de la baleine fluo: la scène la plus spectaculaire du long métrage d’Ang Lee. (Crédit: Twentieth Fox Century)

Jusqu’à présent, j’étais contre l’usage de la 3D, la trouvant plutôt futile. L’Odysée de Pi du maître taiwanais Ang Lee (Tigre et Dragon, Hulk, Le Secret de Brokeback Mountain) change la donne. Les lunettes noires ne se limitent plus à « m’amuser » lors de la projection de publicités (celle par exemple pour un célèbre soda à base « de fruits, d’eau de source et de fun » ). Ici, elles me procurent de véritables sensations fortes. Chanceux devaient être les spectateurs privilégiés qui se sont rendus à l’avant-première très spéciale du film, début décembre.

Il n’est pas étonnant que le film soit donné favori aux Oscars. Combien de fois j’ai été bouche bée devant la beauté des images. Une telle prouesse technique, une telle esthétique, mérite bien -au minimum- une statuette. Ces belles images qui imprègnent la rétine, ce sont ces plans lumineux, colorés, lyriques. Ce sont ces passages harmonieux en lien avec la nature: une végétation luxuriante (notamment présente sur l’île que le héros trouve par miracle, à deux doigts d’une déshydratation mortelle), des animaux étonnants (les centaines de suricates qui ont élu domicile sur cette île; les poissons volants qui surgissent «de nulle part»). Une scène m’a particulièrement éblouie: celle où une baleine fait son apparition dans la nuit, au milieu d’une eau fluorescente, remplie de méduses. Peut-être que la sensation aurait été la même sans les lunettes. J’attends votre avis sur la question.

L’émotion ne vient pas uniquement de ces instantanés surprenants que l’on garde longtemps en mémoire. Elle vient aussi du récit au cœur de l’aventure. Adapté du roman de Yann Martel (si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions), L’Odyssée de Pi raconte le périple de Piscine, et de son compagnon de route (qu’il n’a pas choisi), le tigre du Bengale Richard Parker. Cette Odyssée a lieu suite au naufrage du cargo dans lequel sa famille et les autres animaux de leur zoo étaient transportés, depuis Pondichéry vers un nouvel avenir au Canada. Quel spectateur n’a pas une seule fois reniflé en deux heures et cinq minutes? Face au naufrage, déchirant. Face à certains animaux féroces, sans âme, qui n’agissent qu’en fonction de leur instinct de survie. Face à ce tigre magnifique mais ingrat. Quel spectateur ne s’est pas révolté devant l’attitude de Gérard Depardieu (rien à voir avec l’actualité que vous lui connaissez), bien choisi pour interpréter le rôle d’un cuisinier des plus odieux. Quel spectateur n’a pas ri de l’origine des noms des protagonistes? Du fait que l’apprenti marin pratique, difficilement, trois religions à la fois? Quel spectateur ne s’est pas esclaffé face à cette scène où, sur la barque de secours, Pi tente de délimiter son territoire en urinant sur la bâche et où le tigre réplique aussitôt…

L’Odyssée de Pi provoque sans cesse la surprise et bouleverse les sens, pour le plus grand bonheur des spectateurs… qui ont accepté de faire partie du voyage.

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