« Django Unchained », la nouvelle pépite de QT

Christoph Waltz et Jamie Foxx, classieux et déterminés. Le duo gagnant. (Crédit: Sony Pictures)

Christoph Waltz et Jamie Foxx, classieux et déterminés: le duo gagnant. (Crédit: Sony Pictures)

Depuis le mois de juin dernier, je comptais les jours. L’affiche du dernier Tarantino avait été révélée. Mercredi 16 janvier 2013, 19 h 32: je suis dans la file d’attente qui mène à la salle de projection, ticket en main twitté, facebooké, instagramé.

Des films d’action déjantés; une violence libératrice; des dialogues sous tension; des répliques cultes; des méchants cool; des références aux bobines seventies et autres séries B; des bandes originales en béton; de l’humour; du girl power. Les arguments ne manquent pas pour défendre le génie de Quentin Tarantino (et confirmer au passage qu’il s’agit de mon réalisateur préféré). Lorsque j’ai appris que le cinéaste américain souhaitait arrêter sa carrière à son dixième film, prétextant qu’ «il est rare d’en faire des bons après 60 ans», j’avais un peu les chocottes, comme toute bonne groupie qui se respecte.  Que nous réservait-il alors pour son avant-avant dernier chef d’œuvre? Si Quentin vieillit, ses films eux aussi, gagnent en maturité. Le réalisateur s’attaque dorénavant aux sujets qui fâchent: le passé tabou de l’Allemagne nazie dans Inglourious Basterds, celui de l’Amérique esclavagiste dans Django Unchained. Il attache une nouvelle corde à son arc -déjà bien efficace-, celle qui lui permet de s’approprier l’Histoire, de la réinventer, en puisant dans un imaginaire sans limite. Résultat: une polémique déclenchée chez certains, un cinéma jubilatoire aux yeux de nombreux spectateurs.

Quentin fait toujours du Tarantino. Même s’il met en scène un western pour la première fois. Les clins d’œil sont toujours présents (le caméo, par exemple, de Franco Nero qui a incarné le Django de Sergio Corbucci en 1966); ses acteurs fétiches répondent à l’appel: Samuel L. Jackson, Christoph Waltz et même (il faut avoir l’œil) Zoe Bell, la fameuse blonde à l’agilité féline vue dans Boulevard de la mort. L’hémoglobine repeint les murs; les coups de théâtre déclenchent des fous rires (la scène du costume ridicule choisi par Django, celle du débat autour du port de la cagoule du Ku Klux Klan feat. Jonah Hill). La vengeance sert de fil conducteur au scénario. Les zooms et faux raccords sont de mise; les couleurs rouge, noir et blanc -sur l’affiche comme dans le film- sont dominantes; le générique garde une allure vintage; la musique décalée rythme les scènes et fait balancer les têtes. Bref, du 200% Tarantino.

En y regardant de plus près, Django marque un tournant dans la carrière de QT. C’est la première fois qu’une scène d’un de ses films me retourne le ventre, me fais crisper les poings ou fermer les yeux. En fait, quand j’y repense, il y en a plus d’une. Le sujet du film et le racisme de l’époque y sont pour beaucoup. La première image perturbante qui me vient en tête n’est pas forcément la plus violente: le monologue de Leonardo DiCaprio, hystérique, qui martèle un crâne (en se blessant pour de vrai). La deuxième: l’esclave dévoré par un chien. La troisième: Broomhilda qu’on sort d’un «four». La quatrième: les combats de Mandingues. Et je m’arrête là. Un changement s’opère aussi dans le casting: Leonardo DiCaprio est brillant en machiavélique Calvin Candie; Jamie Foxx monte en grade après Ray dans ce rôle d’ affranchi bien maitrisé; Christoph Waltz désormais dans la peau d’un gentil est aussi appréciable que lorsqu’il jouait un colonel de la SS.

Les bons points du film résident également dans la douceur qui s’en dégage. Parce que oui, en dépit des fusillades à tout-va et de la cruauté XXL, cette dernière est palpable. D’abord chez ce dentiste reconverti en chasseur de primes, humaniste, plus naïf que cynique, qui prend sous son aile Django avec tendresse (le passage où il lui raconte une légende allemande est le plus parlant). Ensuite chez Django, prêt à tout pour sauver sa « diablesse ». Enfin chez la belle Kerry Washington qui ne prononce pas un mot mais dont la moindre apparition bouleverse le spectateur, tant l’émotion qui émane de son regard est intense.

Pour ma part, Pulp Fiction reste premier du top 8. Django, à la hauteur de mes attentes, mérite la troisième voire deuxième position. Et vous, quel est votre classement?

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