Quand Harmony Korine mène la transe

Dans "Spring Breakers", l'innocente Candy ne fait pas long feu. Dommage, le visage angélique de Selena Gomez adoucissait si bien les meurs (Crédit: Muse Productions)

Dans « Spring Breakers », l’innocente Candy ne fait pas long feu. Dommage, le visage angélique de Selena Gomez adoucissait si bien les moeurs… (Crédit: Muse Productions)

Ca ne donne pas grand chose de bon. A commencer par les actrices choisies, avec parmi elles deux ex Disney Girls, qui semblent aussi naïves (restons polis) que dans la vraie vie. Il n’y a qu’à les voir en interview pour la promo du film pour se rendre compte qu’elles n’ont rien à offrir -au cinéma- de vraiment solide. Vanessa Hudgens qui jouait déjà la lolita rebelle dans Sucker Punch interprète plutôt bien son rôle de fille crasseuse mais il en faudrait bien plus pour me convaincre. Le manque de répliques, la narration (volontairement) décousue, la chute improbable ne sont pas parvenus à me toucher. Les scènes sordides où la bande de copines glousse en cagoules roses et tee-shirts zébrés non plus (la marque Opening Ceremony a été plus inspirée en lançant une collection capsule à l’image des héroïnes). Si on ajoute à ces mauvais points, les mille et une paires de boobies apparaissant en continu à l’écran, on obtient assez d’arguments pour ne pas tenter l’expérience illicite.

Parce que c’est de cette façon qu’Harmony Korine parle de son projet.  «Quelque chose de violent, transcendant, fanatique, hallucinatoire, telle une expérience de la drogue», confie le réalisateur lors d’une interview express au supplément Next le mois dernier. C’est cette promesse de bouleversement des sens qui m’a attirée dans la bande-annonce. La formule «Get high» fonctionne à travers la b.o. électro enivrante, orchestrée les trois quarts du temps par Skrillex, et les images travaillées -le fluo et les néons qui apparaissent dès le générique, la Floride et ses beaux couchers de soleil… . Autre point positif: la prestation de l’acteur caméléon James Franco qui se glisse ici dans la peau du rappeur texan Riff Raff. James est l’incarnation de l’expression «Le ridicule ne tue pas». Qu’il interprète Everytime de Britney Spears au piano ou qu’il mime une fellation à l’aide d’un Magnum 44, il parvient toujours à décrocher un sourire aux spectateurs. Chapeau bas. Malgré tout, on ressort du film comme un lendemain de soirée sans gueule de bois, déçus, limite gênés de la moralité de l’histoire.

Au début, je me disais que le cinéaste, à l’instar de Larry Clark (avec qui il a collaboré), était le genre d’artiste qui aime brouiller les pistes et dont on ne sait pas trop s’il dénonce les déviances de l’adolescence en jouant la carte de la provoc’ ou s’il les encourage, adepte d’une liberté sans limite. Puis quelques lignes du magazine Illimité ont fait peser la balance: «Mes héros sont des poètes. C’est drôle, ici on est interdit aux moins de 17 ans à cause des scènes que je trouve les plus belles. Comment veux-tu tendre un miroir à la société sans être amoral? ». Spring Breakers aurait peut-être été moins glauque et plus fun avec de vraies vedettes Disney.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s