Adèle Extra-chopoulos

Les actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux rejouent au couple pour Interview Magazine. (Crédit : Mikael Jansson)

Les actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux rejouent au couple pour Interview Magazine. (Crédit: Mikael Jansson)

Les polémiques qui ont perturbé La Vie d’Adèle depuis sa Palme d’or en mai dernier, aussi longtemps qu’elles ont duré, ne m’ont pas coupé l’envie de me rendre en salles pour le découvrir. Ni même celle de lire la bande dessinée originelle de Julie Maroh. Préserver la beauté d’un film en la tenant éloignée de ce qui la salit en coulisses… pour mieux la contempler. Ce n’est pas seulement le devoir de ses acteurs, réalisateur, techniciens. C’est aussi le nôtre, celui du spectateur cinéphile, avide d’émotions fortes et d’histoires bouleversantes.

L’adaptation d’Abdellatif Kechiche m’a plus touchée que l’œuvre de Maroh. Peut-être parce que les images du premier étaient beaucoup moins sombres que celles de la seconde. J’ai été bluffée par son cinéma toujours aussi long, toujours aussi cru, toujours aussi vivant. Et plus encore par son actrice principale, Adèle Exarchopoulos. Sa bouche immense, filmée sous toutes les coutures. Ses yeux qui veulent tout dire. Sa vulnérabilité. Je rejoins volontiers tous ceux qui la considèrent comme LA révélation française de l’année. J’ai aimé retrouvé dans La Vie d’Adèle, les sentiments qui semblent caractériser la patte de Kechiche, exacerbés dans La Graine et le mulet puis Vénus noire (je n’ai pas encore vu ses autres films): la rage, l’injustice. Des scènes qui vous nouent l’estomac (je ne vous parle pas des 350 plâtrées de pâtes). Qui vous hanteraient presque, longtemps après avoir assisté à la projection.

En 2007, celle où Slimane meurt, si proche du but. En 2010, celle où Saartjie Baartman se laisse observer et toucher par une foule bourgeoise raciste et perverse. Aujourd’hui, celle où une camarade d’Adèle, rejette en public son homosexualité, méprisante. Celle où Emma (Léa Seydoux) chasse Adèle de son domicile après que cette dernière lui a appris son infidélité. Violence. Impuissance. Transparence. Les maîtres-mots du cinéma-documentaire engagé de Kechiche, qui avec La Vie d’Adèle, en dépit de scènes de sexe inutiles, diffusées durant de longues minutes sous le regard gêné du public («Ah bah ca y est, on assiste à une séance de porno collective» avait lancé l’un des spectateurs derrière moi, déclenchant quelques rires)… vous déchirent le cœur.

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Une réflexion sur “Adèle Extra-chopoulos

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