Hollywood veut s’attirer les bonnes grâces du Pape

Le Pape validera-t-il "Noé", le blockbuster biblique de Darren Aronofsky? Encore faut-il qu'il le visionne.

Le Pape validera-t-il « Noé », le blockbuster biblique de Darren Aronofsky? Encore faut-il qu’il le visionne.

La nouvelle bande-annonce de Noé signé Darren Aronofksy se dévoile, quelques jours après que le réalisateur et sa vedette Russell Crowe ont attiré l’attention du Saint-Père sur Twitter. Ce n’est pas la première fois que ce dernier est courtisé par le monde du 7e art.

Au début du mois, le pape François rencontrait en personne Philomena Lee, l’Irlandaise rejetée par sa famille puis envoyée au couvent de Roscrea en 1952, pour être tombée enceinte alors qu’elle était adolescente. Cette même Philomena, qui n’a jamais cessé de penser à son enfant (élevé par d’autres à cause de terribles religieuses), a inspiré le dernier long métrage de Stephen Frears, nommé aux Oscars, dans lequel la touchante Judi Dench campe le rôle-titre. À la grande tristesse du producteur Harvey Weinstein, le pape n’a pas souhaité assister à la projection du film afin d’éviter d’être instrumentalisé au profit d’une quelconque campagne marketing.

Aujourd’hui ce sont le cinéaste Darren Aronofsky et sa star Russell Crowe qui le courtisent – en public – pour assurer la promotion de Noé, un blockbuster inspiré de la Bible, dans les salles françaises le 9 avril prochain. Samedi dernier, le héros de l’épopée sacrée, d’un budget de 130 millions de dollars, s’est adressé au chef de l’Église via Twitter: «Cher Saint-Père, irez-vous voir Noé, le dernier film de Darren Aronofsky? Je suis sûr que vous le trouverez fascinant». Aborder le leader des catholiques de la manière la plus informelle qui soit peut être une stratégie payante. C’est ce qu’a sans doute pensé le réalisateur de Black Swan, qui quelques heures après son acolyte, a interpellé à son tour le Pape sur le réseau social: «Quelle merveilleuse idée Russell Crowe! J’adorerais le présenter à sa Sainteté.» Lundi, Aronofsky a tweeté un cliché de l’affiche de son nouveau bébé, située à Rome, non loin de la Basilique Saint-Pierre. Un choix loin d’être anodin.

Cette campagne de séduction n’est pas si surprenante. En amassant 600 millions de billets de recettes à travers le monde – sans casting cinq étoiles ni effets spéciaux – La Passion du Christ (2004) a prouvé l’engouement du public croyant pour le cinéma du genre, qui en dépit de virulentes polémiques, ne finit pas de grandir. À un peu plus d’un mois de la sortie de Noé sur les écrans, le réalisateur et sa vedette font inévitablement appel aux masses chrétiennes pour que leur projet marche du feu de Dieu. En tant que promoteur idéal, le pape ne semble pas pour autant faire office de valeur sûre. Du fait de ses racines culturelles, il a confié, sans surprise, préférer les bons vieux classiques italiens – tels ceux réalisés par Federico Fellini ou Roberto Rossellini- aux productions hollywoodiennes actuelles. Stephen Frears et Steve Coogan, Darren Aronofsy et Russell Crowe: même combat, même peine perdue.

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