« 300, La naissance d’un empire » : un péplum maritime en immersion

Gloire et vengeance de nouveau au menu dans "300, La naissance d'un Empire".

Gloire et vengeance sont à nouveau au menu dans « 300, La naissance d’un empire ».

Parmi les nombreuses épopées antiques attendues en 2014, celle du réalisateur Noam Murro, en salles mercredi, semble bien partie pour demeurer l’une des plus efficaces. La preuve par trois.

NoéHerculeExodus… L’année 2014 marque le retour en force du péplum. Deuxième blockbuster à faire son entrée dans l’arène – après Pompéi , le navet antique de Paul W. S. Anderson -, 300, La naissance d’un empire, signé Noam Murro, laisse penser que le genre cinématographique, si cher à Hollywood dans les années 1950, a encore de beaux jours devant lui. Sept ans après l’adaptation de 300, le roman graphique de Frank Miller, par Zack Snyder (qui fait à nouveau partie de l’aventure en tant que producteur et coscénariste), et son emblématique «This is Sparta!» sorti des poumons de Gerard Butler, les Grecs aux muscles saillants en ont encore dans le ventre. Trois raisons de les affronter.

Une Histoire divertissante

Avec 300, Miller s’était approprié une page précise de l’Antiquité: la période dite des guerres médiques, qui ont permis l’affirmation de la puissance athénienne. Dans le long métrage de Snyder, c’est la bataille des Thermopyles – qui opposa en l’an 480 le roi Léonidas (Butler) et 300 Spartiates à l’empire de Xerxès (Rodrigo Santoro) – qui était mise en lumière. On y découvrait alors, face à un ennemi invincible, le courage surhumain, la vaillance et l’héroïque sacrifice de ces soldats trop peu nombreux, qui inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.

Si le film de Murro revient sur ce passé à coups de longs flash-backs (sept ans s’étant écoulés, il fallait bien rafraîchir la mémoire du public), il évoque surtout la bataille de Marathon dont sont sortis victorieux les hoplites athéniens et platéens, sous la houlette du général Thémistocle (Sullivan Stapleton). Avant de reconstituer, avec une totale liberté, les époustouflantes guerres de l’Artémision puis de Salamine, qui survinrent quelques jours après la «belle mort» de Léonidas Ier. Cette fois, les héros ne s’affrontent plus sur la terre ferme mais en mer. Ils ne se présentent plus comme de fiers guerriers assoiffés de pouvoir, mais comme d’humbles paysans et commerçants qui ne cherchent – en prônant l’union de la Grèce – , qu’à survivre et regagner leur liberté. Et si la plupart des scènes relèvent de corps à corps spectaculaires, les répliques poétiques (et humoristiques), prononcées ici et là, parviennent à maintenir le spectateur en haleine des premiers coups de lances… jusqu’aux derniers.

Une guerre stylisée

La patte artistique de Zack Snyder, toujours de mise, fait incontestablement partie des bons points du film. Le premier mettait en scène une ambiance sépia, jouant sur la chaleur des tons rougeoyants, le côté solaire, la violence de l’ocre, qui émanait du sang et des flammes. Avec ces ralentis élégants, ces mouvements de capes vermillons de l’armée de Léonidas, 300 sublimait l’exubérance et l’agressivité des guerriers. Le deuxième film change radicalement sa palette de couleurs. Du rouge passion, on passe au bleu, couleur froide et virile s’il en est. Agrémenté de touches argentées, métalliques et de noir profond. Dans La naissance d’un empire, les capes (devenues bleues donc) flottent de nouveau dans les airs. Ces hectolitres d’hémoglobine, ces vagues impressionnantes d’une mer Égée déchaînée, l’attirail bling-bling d’une armée perse flambeuse, la musique aussi musclée que les protagonistes: l’immersion est totale.

Des femmes à poigne

Au milieu des nombreux figurants aux abdominaux dignes d’une publicité Abercrombie and Fitch, mais aussi de quelques stars du petit écran, Lena Headey (Game of Thrones) se taille la part du lion. C’est d’ailleurs à travers sa voix que cette guerre sans merci est racontée et grâce à ses ordres, sous les traits de la reine Gorgo, que les Grecs ont le dernier mot.

Autre femme à poigne, autre atout charme de cette « suite » de 300: la sauvage Eva Green dans la peau de la redoutable chef de guerre Artémise. De «sang grec mais de cœur perse», la belle brune, souillée par les siens dans sa jeunesse, s’improvise Xena la Guerrière et orchestre la plus impitoyable des vengeances. Elle convainc d’abord Xerxès de se transformer en Dieu, puis tente d’enrôler le courageux Thémistocle dans ses rangs au cours d’une scène de sexe particulièrement brutale avant de prendre les choses en main (à ses risques et périls) en revêtant son armure (dont la cuirasse arrière, impressionnante, est recouverte de menaçants pics dorés). Gare aux traîtres qui osent défier la séductrice entraînée par les plus grands soldats de l’empire perse: ils pourraient finir la tête coupée…la bouche contre la sienne. L’image a beau être dérangeante, l’essai parmi la fine équipe de Miller a été payant: Eva Green, étreindra, étranglera, resplendira de nouveau dans Sin City 2 ainsi qu’à l’affiche de la série Penny Dreadful créée par John Logan… à qui l’on doit le script de Gladiator. La boucle est bouclée.

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