Globes de Cristal 2014 : entre bonnes surprises et ennui total

L'humoriste Gad Elmaleh a remporté le globe de cristal du meilleur one man show grâce à "Sans tambour..." présenté au Théâtre Marigny. (Crédit: Abaca)

L’humoriste Gad Elmaleh a remporté le globe de cristal du meilleur one man show grâce à « Sans tambour… » présenté au Théâtre Marigny. (Crédit: Abaca)

Apparition furtive de François Hollande, émotion de la douce Ayo et absence de Guillaume Gallienne étaient au menu de la 9e manifestation culturelle, lundi soir. Le palmarès en images et les bruits de couloirs en suppléments… pour les plus gourmands.

Lundi soir, au Lido, avait lieu la 9e cérémonie des Globes de Cristal. Orchestrée par un jury exclusivement composé de journalistes, présidé, cette année, par Guillaume Durand, celle-ci vise à récompenser les oubliés de l’art. Les humoristes, les artistes de comédies musicales, les créateurs de mode. Bref, un bon coup de projecteur sur la culture française, toutes disciplines confondues.

Dans le cabaret emblématique des Champs-Élysées, la distraction n’était pas forcément là où on l’attendait. Elle n’était pas sur le tapis violet de l’entrée, où arrivait la première, Geneviève de Fontenay, vêtue comme à l’accoutumée de noir et blanc de la tête au pied, le tout assorti aux rideaux. Elle n’était pas non plus dans les coulisses où s’affairait un personnel légèrement tendu. Non, elle était juste à côté: le passage-éclair du président de la République dans le couloir qui mène à l’UGC Normandie ayant accaparé l’attention des photographes aux aguets. François Hollande était venu rendre hommage au réalisateur Alain Resnais, décédé le 1er mars. Il avait tenu à être présent «auprès de ses proches, Sabine Azéma, ses amis, actrices et acteurs» pour saluer «une œuvre commencée très tôt, au lendemain de la guerre». Et «pas achevée, puisque ce soir c’est une avant-première», celle de son dernier long métrage, Aimer, boire et chanter.

Norbert n’a pas jeté un coup d’œil au menu

Aimer, boire et chanter. Ces trois verbes résument assez bien la soirée des Globes de Cristal. Certains invités ne sont d’ailleurs venus rien que pour ça, «déguster des petits fours et siroter des coupes de champagne». D’autres pour savourer, en toute humilité, le prix qui leur est destiné. Et surtout saluer cette initiative qui célèbre des domaines artistiques variés. «C’est une joie surtout en France, car contrairement aux États-Unis, nous avons cette réputation autour de l’art, de la mode, de l’esthétique, de ne pas avoir de reconnaissance ni de bénéficier de moments où tout est le monde est réuni», s’enthousiasme la créatrice Isabel Marant, repartie victorieuse de la soirée. Norbert, révélé par l’émission Top chef, n’a pas jeté un coup d’œil au menu. Il vient «les pieds sous la table» pour apprécier «cette cerise sur le gâteau de l’année 2014». Si aucune catégorie dédiée à l’art culinaire n’a pour le moment été créée, l’as des fourneaux, lui, prépare un spectacle avec de la cuisine sur scène… en attendant l’ouverture prochaine d’un restaurant à son nom.

Cécile Cassel, connue désormais sous le nom de Hollysiz, ne croit toujours pas à sa nomination dans la catégorie meilleure interprète féminine. «Je me suis dit que ma mère avait dû payer des gens! Qu’il y avait erreur. Je suis entourée d’artistes qui sont là depuis des années, qui n’ont plus rien à prouver. Moi, je suis vraiment une outsider. Au départ, j’avais même cru qu’il s’agissait d’une catégorie révélation». Elle apprécie de jouer à la touriste car «quand on est Parisien, aussi paradoxal que cela puisse paraître, on ne prend pas le temps de se rendre dans les lieux phares de la capitale». Elle espère que le «raz-de-marée autour de La Vie d’Adèle» continuera ce soir avec la victoire de la «merveilleuse» Adèle Exarchopoulos et que «son copain» Yodelice remportera le globe du meilleur interprète masculin. Ses espoirs se concrétiseront à moitié.

Gad Elmaleh, perplexe face à l’apparence du prix

C’est Stromae, grand gagnant des Victoires de la musique, qui remporte ledit prix. Mais c’est à travers une vidéo qu’il exprime sa gratitude. Adèle Exarchopoulos remporte le prix convoité, mais c’est son agent qui est venu le récupérer. «C’est son quart d’heure américain d’Andy Warhol. Elle a beaucoup de talent, elle est toute jeune et la vie commence pour elle. Elle était contente d’apprendre qu’elle était nommée, qui plus est en tant que meilleure actrice et pas en tant que meilleur espoir». Un globe de cristal plus gratifiant qu’un césar? C’est, en tout cas, «autant de bonheur pour l’un que pour l’autre». Pendant que les journalistes grapillent ses éventuelles réactions à venir, la belle répète son rôle de bègue dans le prochain film de Sara Forestier, M.

Pour la partie «chantée», c’est la troupe énergique de Disco qui assure le spectacle, tant sur la scène, qu’en dehors, reprenant à pleins poumons le tube It’s Raining Men des Weather Girls… une bonne dizaine de fois. Leurs efforts tout au long de l’année, comme à l’occasion de cette remise de prix, ont été payants: les artistes remportent le globe de cristal de la meilleure comédie musicale. La douceur d’Ayo et son interprétation touchante de Who (issue de son dernier album Ticket to The World) est l’une des rares notes positives de l’évènement. Elle était venue, simplement vêtue d’une longue robe blanche en crochet, avec sa guitare, à la fois élégante et fragile. Elle repartira avec un prix à l’apparence kitsch dont s’est beaucoup amusé Gad Elmaleh au moment de recevoir sa propre récompense: «Je suis assez perplexe face à ce globe de cristal [qui représente un cercle formé par deux corps nus]. Il faut changer soit le nom, soit l’objet». Il finira par le porter en collier.

C’est plutôt Guillaume Gallienne qui fait comme moi.»

Richard Berry, sur le point d’adapter « Mes femmes » au cinéma.

Quelque temps après que les photographes bien éméchés (ça, c’est pour la partie «boire») ont mitraillé le collectif Unissons nos voix (qui milite contre la violence sexuelle faite aux femmes), les «Rolls-Royce du théâtre» Richard Berry et Daniel Auteuil, couronnés pour Nos femmes, prennent place sur le photocall. «C’est une cérémonie rare, symptahique, originale et bon enfant. Et le succès ne peut indéniablement pas se faire sans la presse», se réjouit Auteuil. Nos femmes est sur le point d’avoir sa version au cinéma. Une journaliste plaisante: «Vous faites votre Guillaume Gallienne?» Richard Berry renchérit, le sourire aux lèvres: «C’est plutôt Guillaume Gallienne qui fait comme moi. Dans le métier, j’étais là avant. J’ai passé sept ans à la Comédie Française!» Gallienne, autre grand absent de la soirée, s’excusera lui aussi de ne pas être là, à travers une vidéo.

La chroniqueuse de Touche pas à mon poste, Valérie Bénaïm, s’est improvisée maîtresse de cérémonie devant un public plutôt froid et silencieux. L’animatrice, toujours aussi enjouée mais pas toujours drôle, résume la soirée: «C’était un peu les montagnes russes émotionnelles. Il y a eu des moments à la fois tendres et drôles. L’adorable Ayo nous a offert un véritable instant de grâce, Jérémy [Ferrari] m’a fait hurlé de rire. Une chouette soirée». Les téléspectateurs qui suivaient la retransmission de l’événement en direct sur la chaîne du câble D17 ont plutôt ressenti un profond ennui. Une soirée mondaine sans véritable émerveillement.

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