Comme un air de famille

Le tout petit Mason ( Ellar Coltrane) partage ses découvertes avec son père ( Ethan Hawke).

Le tout petit Mason ( Ellar Coltrane) partage ses découvertes avec son père ( Ethan Hawke).

Durant douze ans, il aura incarné le jeune Mason et grandi avec lui. Le comédien Ellar Coltranese sera probablement marqué toute sa vie par son premier rôle au cinéma. Dans Boyhood de Richard Linklater, le jeune homme campe le héros d’une famille américaine, que l’on observe depuis sa plus tendre enfance jusqu’à ses premiers pas à l’université. Au casting : la brillante Patricia Arquette dans le rôle d’une mère souvent débordée, le drôlissime Ethan Hawke dans celui d’un père un brin loser (déjà épatant dans l’émouvante trilogie signée du même metteur en scène Before Sunrise/Before Sunset/Before Midnight) et la propre fille du cinéaste, Lorelei Linklater, grimée en grande sœur bonne élève.

L’harmonie qui se dégage de tout ce beau monde nous ferait presque oublier qu’il s’agit de cinéma. Comme si l’on était embarqué, telle une petite souris, dans le quotidien d’une vraie famille. Boyhood, c’est en quelque sorte un documentaire romancé… si joliment filmé. Le jeu du débutant de la bande, pourtant au centre du film, en est presque troublant. De ses rêvasseries de petit garçon à ses doutes sur l’avenir à l’adolescence en passant par sa perpétuelle quête de « la magie de l’instant » qu’il développera grâce à son amour pour la photographie, Mason n’est-il pas réalité Ellar ? Richard Linklater s’est inspiré, en fait, de sa propre vie. Ce qu’il y a de plus touchant, c’est qu’elle parle finalement de nous, cette enfance.

Je ne parle pas des grands-parents férus de Bible et équipés d’un fusil de chasse, ni des sorties au bowling ou encore des grandes (grandes) fêtes pour célébrer toutes sortes d’occasions, de toutes ces traditions propres aux Etats-Unis. Mais de ces petits riens comme ces moments forts qui nous semblent tout à coup si familiers : une sœur qui ne jure que par Britney Spears, une mère qui ne fait pas les bons choix amoureux après une séparation, des questionnements sur « le but de tout ça », sur ce que nous sommes et ce à quoi nous aspirons. Des sorties tardives et des premières expériences illicites, des manques de motivations et des premières convictions.

C’est bien en cela qu’en dépit d’un manque de rythme lors de la dernière heure (sur presque trois) du long métrage, Boyhood nous attendrit profondément. On retrouve, à travers le quotidien de cette famille, une tranche de vécu. Et à travers ces instantanés de pop culture, de Dragon Ball Z à Harry Potter en passant par les tubes d’Aaliyah, Coldplay et Gotye, à travers ces déménagements interminables, ces moments de complicité privilégiés, ces changements de coupes nombreux et toute cette compilation de belles images qui s’égrainent au fil du temps… l’histoire de Mason, finalement, c’est un peu la nôtre.

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