L’amour avec un grand @

Message

«Hum… Elle a l’air plus canon que sur son profil» ou si le personnage de Tom Hanks dans Vous avez un message avait eu le béguin pour celui de Meg Ryan en 2016.

Peut-on encore trouver l’amour, le vrai, après quatre ans de célibat? J’ai longtemps pensé que la réponse se cachait, peut-être, dans mon téléphone ou mon ordinateur. De nos jours, les applications et les sites conçus pour nous aider à trouver LA personne «qui nous fera fondre» favorisent les rencontres plus que jamais. Ces «accélérateurs de coups de foudre» ne sont plus ringards et alimentent les conversations, leurs pubs attirent les regards sur les quais des métros et vous êtes à peu près sûrs d’y croiser votre pote de promo, vos voisins, votre collègue et même une connaissance… officiellement déjà en couple.

À Meetic, qui nécessite à mes yeux beaucoup de patience (rien que pour renseigner un profil et des critères qui ne seront pas forcément lus), j’ai préféré Tinder, beaucoup plus ludique. L’application aujourd’hui parodiée, parce que donne lieu à des situations systématiques qui finissent par lasser, a eu raison de mon courage à me lancer dans ce genre d’expérience. En deux ans et demi d’utilisation, toutes rechutes cumulées (#lesvraisavent), j’ai dû faire une dizaine de rencontres dont deux pépites, toutes classées sans suite. Parce que pas de feeling. Parce que parti à l’étranger. Parce que pas dans le même état d’esprit. Parce que seulement envie de s’amuser.

En 2016, les hommes et les femmes se consomment comme des produits vite obsolètes. Dans une société où chacun(e) priorise ses objectifs personnels, peu de place pour l’attachement ou les grands sentiments, qu’ils soient forts et partagés, joyeux ou douloureux, qu’ils durent trois mois ou dix ans. Tinder, «accélérateur de coups d’un soir» en fait, reflète bien ce genre d’existence. Triste pour les célibataires dans mon cas qui s’accrochent (encore) à une image de film hollywoodien. Arrangeante pour d’autres, bien dans leur époque. J’ai définitivement désinstallé l’application il y a des semaines de ça, n’y trouvant clairement pas mon bonheur, blasée par les photos de kékés posant à côté d’un tigre, les pseudo-poètes qui n’ont rien à dire dans la vraie vie et les «salu sa va ?! Tu baize??» qui égratignent la rétine. Combien de profils s’avèrent sérieux sur des milliers? Quand bien même ils existent plus nombreux qu’il n’y paraît, quelle est la probabilité pour qu’il y ait match IRL? Dans un cas comme dans l’autre, la réponse selon moi s’approche de 0.

Après autant de semaines à l’épreuve de la solitude (qui a aussi ses avantages, dédramatisons la situation), trouver quelqu’un avec qui faire un bout de chemin relève de questionnements qui dépassent le monde digital. Ne devrais-je pas changer ma nature (plutôt réservée) le temps d’une soirée et chasser aller vers une potentielle cible dans un bar, au lieu de me focaliser sur mes amis? Ne devrais-je pas d’abord être bien dans ma tête et dans mon corps avant de rêvasser à une nouvelle histoire? Suis-je maudite sentimentalement parlant? Ce «manque» dans ma vie est-il mérité? Est-ce que j’y crois encore à l’amour tout court, en fin de compte? Cette remise en cause est d’autant plus importante que de plus en plus de personnes de mon entourage parviennent à trouver la perle, me laissant sur le banc de touche (#ilabondoslebrocode). Les plans cul et brèves histoires foireuses divertissent un temps mais n’apportent pas la forme de joie la plus attendue… Un happy end et l’addition, merci.

N.B.: Au pire du pire du pire, je saurai quels noms rigolos donner aux chats qui éventuellement m’entoureront par dizaines dans quelques temps. Tinder, c’est aussi ça: une grande source d’inspiration.

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