Néon mania

Neon

Elle, Margot et Emma sous les feux de la rampe.

Trois films plutôt attendus, trois héroïnes blondes… et des couleurs fluorescentes dans tous les sens. Tel est l’ultime point commun entre The Neon Demon, Suicide Squad et Nerve qui pousse à les mettre dans la même balance. Le recours à ces lumières qui en mettent plein la vue ne se limite plus au genre de la science-fiction ou à un effet vintage eighties, il se manifeste désormais un peu partout au cinéma, par petites touches ou à forte dose. Si le néon sert de toute évidence l’esthétique d’un long métrage, rend-il pour autant le scénario brillant? Eléments de réponse avec le conte horrifique de Nicolas Winding Refn, la dernière superproduction Warner Bros./DC et l’expérience addictive du duo Ariel Schulman et Henry Joost.

The Neon Demon

Après Drive et Only God Forgives, le réalisateur fétichiste du néon et du sang frais a fait son retour sur nos écrans en juin avec une troisième histoire de vengeance, aussi anxiogène qu’hypnotique. On suit cette fois le parcours initiatique d’Elle Fanning dans le rôle de Jesse, ado aux yeux de «biche apeurée» partie à Los Angeles pour devenir mannequin. Des podiums aux boîtes de nuit en passant par les studios photo: les flashing lights sont omniprésentes et captivent le spectateur, absorbé par une musique électro enivrante. Elles dénoncent l’univers de la mode, à la fois sublimateur et destructeur. Eclairent un monde de beauté et d’horreur où la concurrence est rude et la jalousie maladive. Et glorifient la petite Jesse qui de son statut d’orpheline innocente et fragile passe à celui de Lolita imbue de sa personne, pleinement consciente de la pureté si rare que son physique dégage. Sur le fond, la dénonciation d’un système aux normes étouffantes et d’une société en perpétuelle quête de la perfection se fait sentir… face, sur la forme, à une absence totale de morale. Comme pour relever un peu plus le niveau de gore présent dans la majeure partie de ses films, NWR (pour les intimes) se plaît cette fois à mettre en scène cannibalisme et nécrophilie, tant et si bien que le spectateur ressort de la salle obscure à deux doigt de dégobiller. The Neon Demon aura eu au moins le mérite de révéler tout le talent d’Elle Fanning, qui décroche une place en or dans la cour des grands d’Hollywood. Nice try.

Luminosité: 57%

Suicide Squad

Les nombreux teasers hauts en couleur qui ont précédé la sortie de Suicide Squad ont longtemps tenu en haleine le fans de l’écurie DC Comics… pour un résultat des plus décevants. Tous les ingrédients étaient pourtant rassemblés pour qu’on s’apprête à passer un super bon moment avec des supers méchants réunis pour une super cause. Un casting cinq étoiles, une bande originale explosive et des scènes d’action à couper le souffle. Et bien non: Will Smith, grimé en Deadshot, vole la vedette à Jared Leto, qui succède à feu Heath Ledger dans la peau du Joker. Le comédien, pourtant convaincant en psychopathe surlooké (coucou Die Antwoord) s’est lui-même plaint d’avoir été coupé au montage, par ailleurs décrié comme désastreux dans son ensemble. La musique recèle quelques pépites mêlant titres d’anthologie (Without Me d’Eminem, Mama de Queen) et créations originales (I Need A Gangsta de Kehlani, Standing In The Rain d’Action Bronson et Dan Auerbach) mais qui surviennent souvent au mauvais moment. Quelques scènes d’actions sont louables sans être pour autant mémorables. Quant à l’équipe de choc que le réalisateur David Ayer sert sur un plateau d’argent, elle fait plutôt penser à une bande de supers dépressifs au cœur tendre, rongés par la peur, la culpabilité ou une passion dévorante pour l’être aimé. Cible grand public oblige, il ne fallait peut-être pas s’attendre à en faire des cauchemars. Margot Robbie en drôle-déjantée-bombesque Harley Quinn, est probablement la seule à tirer son épingle du jeu. Est-ce suffisant à faire oublier un ennemi qui frôle le ridicule… et tout le reste? Hélas, non.

Luminosité: 23%

Nerve

Avec Nerve, le duo derrière les caméras de Paranormal Activity 3 et 4 cristallise les peurs autour du monstre… Internet. Le spectateur s’embarque avec la lycéenne Vee (Emma Roberts) dans un jeu en ligne où des Joueurs doivent relever des défis lancés par des Voyeurs, avec à la clé une somme d’argent plus ou moins importante selon le niveau du challenge réussi. Vee, lasse de passer pour la fille sérieuse et gnangnan du bahut, tente de se racheter une popularité en commençant par embrasser un inconnu du nom de Ian (Dave Franco), qui va très vite devenir son partenaire de jeu. Ensemble, ils explosent progressivement le compteur de likes et de followers de Nerve jusqu’à se retrouver piégés par des vicelards dont l’engouement pour le danger n’a plus de limite. On ne se laisse pas facilement porter par l’amourette entre les deux protagonistes et les dizaines de clichés autour de la jeunesse américaine (dix fois vus et revus). Mais on apprécie le jeu virtuel, sa conception (une voix off à la Stephen Hawking, des images d’archives trash en guise de génériques) et les débats qu’il soulève, plus actuels que jamais, sur la protection des données, le respect de la vie privée et les réseaux sociaux qui paradoxalement éloignent plus qu’ils ne rapprochent. Internet est présenté comme un Docteur Jekyll et M. Hyde: il donne accès à l’information, est le lieu de réunion d’hackers anonymes qui œuvrent pour le bien de leurs prochains. Il met en jeu des vies, jusqu’à parfois les briser. Est le lieu de réunion des pires tordus de la planète. Le néon est partout: du jeu addictif au bar dans lequel Vee rencontre Ian, en passant par la moto de Ian ou le contener dans lequel Vee se retrouve un temps enfermée. Associé à des mouvements de caméra intenses, le néon est ici le mieux utilisé.

Luminosité: 52%

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