Les comédies weirdos sont-elles lourdingues ?

comedies

Face à l’Amérique et son artillerie hollywoodienne, l’Europe et ses comédies sans queue ni tête auront rythmé cet été 2016.

Au menu cinématographique de cet été, quelque part entre Independence Day II et Star Trek III, se sont glissés quelques ovnis: La Loi de la jungle, L’Effet aquatique, Hibou, Toni Erdmann ou encore Un Petit boulot. Loin d’être passés inaperçus (les films de Solveig Anspach et Maren Ade ont fait grand bruit au dernier Festival de Cannes), ils ont débarqué à temps, avec leur lot de situations WTF et d’acteurs poilants, pour nous faire sentir plus que jamais en vacances. Comprenez: mettre notre cerveau sur off. Et pourtant, plusieurs scènes qui traînent en longueur et autres gags répétitifs ont eu souvent raison de ma patience. Tant et si bien qu’on se demande si ces comédies originales ne sont pas avant tout très chiantes.

OUI. Sur le papier, de belles histoires loufoques. Un grutier amoureux d’une maître-nageuse, qui la suit à l’autre bout du monde dans l’espoir de la conquérir. Un père féru de blagues potaches qui tente tant bien que mal de renouer avec sa fille workaholic. Un chômeur au bout du rouleau qui s’improvise tueur à gages pour subvenir à ses besoins. En réalité, de longues (très longues) minutes de scènes improbables, de personnages têtes-à-claques, de répliques mollassonnes. Dans La Vie aquatique, on se lasse vite de la collègue de l’héroïne, vicelarde comme personne; du héros qu’on secouerait bien mille fois rien qu’en le voyant et de la mièvrerie dans laquelle baigne son histoire d’amour… jusqu’à s’y noyer. On ferait bien bouffer à Toni Erdmann ses fausses dents qu’il sort de sa poche à peu près toutes les cinq minutes (sur près de trois heures de film), après avoir retiré du booty de sa fille le balai de trente mètres qui l’empêche de sourire (à la vie). Quant à Romain Duris, la trashitude de son rôle, si elle avait été un peu plus poussée, nous aurait fait oublier son look d’homme de Cro-Magnon. Les répliques de Michel Blanc sont toujours les mêmes. Et v’là-ti pas qu’une jolie brunette vient troubler ce joli pétage de plomb post-dépression… au service d’un happy end un peu tiède.

NON. Chacun de ces films, en dépit du nombre de fois où l’on a regardé sa montre (ou zieuté du côté de la sortie), dégage une poésie touchante. Dans L’Effet aquatique, on s’émeut face à cet homme et cette femme aux caractères diamétralement opposés, qui se cherchent et finissent par se rejoindre, comme deux aimants. L’un et sa tendresse enfantine vient secourir l’autre, jusqu’ici persuadée d’avoir fait une croix sur une vie sentimentale. Avec Toni Erdmann, on perçoit derrière un masque de clown complètement barré (ou en l’occurence sous un kukeri), un père inquiet et aimant qui joue des pieds et des mains pour rendre sa fille heureuse. On a de la peine pour cette femme brillante qui n’éprouve plus l’envie (ni la force) d’imposer sa place dans un environnement professionnel superficiel et machiste. Dans Un Petit boulot, on se réjouit finalement pour ce trentenaire, qui après tout, mérite de retrouver enfin son quotidien confortable et le bonheur, tout simple, de rentrer chez lui entouré de ses proches. Grâce à ces films, et sans révéler chaque instant de grâce, on rit, bien sûr. On sourit, au moins. Les méninges sont au repos mais le cœur, et c’est bien là l’essentiel, n’est pas à l’arrêt.

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